poematique expiraTOIre
s'il est une poésie dont il est de bon ton de se distancier c'est bien la poésie surréaliste. se construire en dehors de ce courant a été la tâche ardue de toute une époque où débarrassant la langue d'une portée "au-delà-surréelle" on n'a gardé que le...
dans un long miroir puits des heures et du filet du temps mon reflet d'ombre ce dos de moi qui erre pupilles brûlées dans une langue de bois mon coeur se souvient de sa prison muette ce supplice de bitume où mon être coule la cage noire où j'enfle d'effroi...
pourquoi en bocaux avec leur cellophane d'émeri le vide et ses apprêts confits écrire ? jour nuit halte blanche personne ne descend le voyage est passé j'émets des billets sans qu'en sautent les cachets ne pas ou savoir pourquoi l'ellipse de l'univers...
un peu d’ozone pur contre la peau un glacier fraîchement tondu dans la poche je ferme les yeux irrigations prolixes de la gorge l’urgence monte toute à la démence grattée à la fenêtre dire que te dire… dans le jardin mes hallucinoses se déhanchent et...
mon sang à même vos draps ces rubis de l'amour écoulé mosaïque incarnat jetée comme des pleurs entre vos jambes d'homme un reliquat de passion vous influant de lune cueillez les précieux calligrammes des offrandes de femme q ui verse ses poèmes des univers...
la température de mon sang ne descend jamais en- dessous de la fièvre à essorer les moraines et vider les glaciers le monde fuit par tous les trous -Échappée de monde pour une autre flaque- comme un trait jeté dans la mémoire de l’eau sans importance...
ô toi mon coeur l'animal! tout décousu avec des boutonnières et des rigoles balafrées, que veux-tu? on dirait presque un de ces beaux crânes aux cheveux tout mités de labyrinthes.- mais tu le sais bien il y a encore tant de pâquerettes à cuire à la coque,...
il y a plus d’avenirs dans le jamais que dans ce toujours. ces mousses sur les pierres sont des neiges levées du sol. la buée de ma bouche fait des passerelles sur les courants d’air : la grâce est une prise de tabac dans la souffrance globale, une écume...
Mon ami, Nous ne serons jamais que de l’eau noyée, jamais qu’un arbre déguisé en plumeau, jamais qu’une pale au bout d’un courant d’air. Crois-moi on est loin très loin du sacré, très loin du mystère, à des lieues de la révolte et du crachat divin. Poète...
Dans le trouble des poussières, la maison craque. Elle redit la faim des morts et leurs biscottes qui rôtissent dans les ampoules. J’entends leur repas. Et comment ils choquent la couverture de nuit contre le cristal d’une pauvre lumière. Elle craque...
Pourquoi le temps compterait-il ? Il n’a pas assez de doigts pour ça. La main qui se tend rompt les bâtons qui me dénombrent. L’empêchement n’a que des ongles blancs qui serrent jusqu’aux pertes du vif. Et j’enchaîne les calculs, mathématiques de fer...
Le sommeil s’écarte, un souffle en a effacé le sable, ses dessins sortis de la poussière de mon esprit. Je tranche mon chemin dans la nuit, part de vie supplémentaire pour les obèses du cœur. Ça de gagné. J’ai beau chercher à raccrocher mon wagon au fil...
j'ai usé l'encre de nuit noir sur noir pour le trouver puits profond dans la profondeur l âchée en sonar sur le ciel j'ai tâté mes doigts mes sens mon désir aveugle la forme de lui le pouls qui tressaute entre toutes ses pierres j'ai respiré tout l'air...
amour de pacotille petit strass de soleil entre des cyclones une surprise de quatre sous qu'on vous glisse dans la main entre deux révérences et trois pas aussi faux ai-je déjà aimé si ce n'est le secret dans une profondeur qui ne remonte pas dans la...
dunes immenses de la nuit ton corps ouvert à empocher le vent je marche sur ta peau là où s’émeuvent des buissons et s’allonge le rêve mon nez sur une étoile et les montées du lait de lune je compte je mesure j’arpente de mes doigts fantassins les abords...
droit regard balade aimantée à la limaille des serrures pose nue des questions du matin un homme tient le ciel bouquet d'eros dans un chenal de mains je passe sous le joug indiscret tout mon bateau ancré sous ses rames d'anguille frisson et rupture de...
J’ai mis mon sein à lever au premier chant d’oiseau Levain à cuire sous les palets d'un soleil rompu d'avance le courant déporte quelques miettes du picotin d'avoine de la suie sans étincelles j'aimerais prendre forme hisser mon être dans une main battre...
poser la poésie comme un masque sur la peau argiles qui sèchent et craquent sous le pas du désert brisures de rivières en état de disette agiter d'impossibles roseaux sous les fluides oasis dans un monde à rides l'épiderme des éconduits est un domaine...
le temps un mot écroulant un autre mot écroulant des cathédrales cryptes fusées forages le temps en anneau entre les doigts entre les seins qui palpite pépite courtcircuite ride à rive et demain pour la boucle chaude d'un autre enceint de soi le temps...
Parlez prononcez encore Désarticulez-moi de ces secousses Séismes secrets au cœur des molécules Hurlez oui hurlez même à blanc Chaque mot de votre amour gonfle la Terre de puissantes essences Chaque mot de votre voix d’amant De votre voix poète Qui trace...
Pour ces espaces fuyant entre des clairières Tampons de lumière sur le pré aux herbes Pour ce doigt de chaleur sur les reins de la terre la salière des avoines épiçant des moineaux le bruit du gravier écaillant tes godasses cette fenêtre qui pointe la...
The battle of the Titans de Quai d'Oz déboule entre mes oreilles. Musique permanente ou casque de notes sur ma chevelure. En boucle. La mythologie remplit les divans des psychanalystes. Mon ventre enfante le Temps et son sexe d’écume. Et le chant remonte...
Alors, prendre mon élan et enjamber la faille de l’ombre. Les mots creusent la moraine du froid. La mort s’allonge et cette fosse sous mes nuits glisse sur le parquet de la chambre. Prendre le fil d’une épée, trancher les fissures, je tombe moi aussi,...
Chaque matin, je vais au ciel bleu comme à la frontière. Un clandestin qui cherche la faille dans la paroi de verre. Le bleu qui tombe sur nous. Je suis comme l’immense troupeau des ivrognes de l’éblouissement. Je fouille l’intensité noire jusqu’à voir...
Veille de tempête. Entre-deux de la poussée. Quelque chose attend et patiente sous le sol. Un germe, une larve, un œuf. J’ai taillé mes bras à la mesure du saule. Je ne tends plus qu’à l’ampli du poumon. Les membres Samothrace, l’élan de poitrine, une...