poematique expiraTOIre
A la patère Une chemise flotte un vent doux l'aère corps de linotte sur le cintre éternel apéro de terrasse je pêche au bouchon un hâle fugace goujon philosophale l’été secoue le sucrier de galets bleus sur des plages de blé dur déconfiture de cieux passages...
la nuit a tendu des écrans aux quatre coins des chambres pour que j'y fasse un dépôt de mes projets d'étoile. on a pompé la mer à la seringue, toute aspirée. entre des bancs de sables et des remises d'eau, j'ai vu mon corps suspendu au cintre éternel,...
feuille blanche. esprit blanc. même l'ombre qui est dessus me paraît blanche. la friche. chaque pensée bégaie et puis se dissipe. je ne termine pas mes phrases, même pour moi même, quand avant j'y allais de tous les tons, de la question, de la réponse,...
Je voudrais suivre la sente de ma pensée. Me le permettre tous azimuts. l’éclosion en bulles du papier. déballage plastique. Cela ferait le bruit, juste le bruit qu’il faut pour bien me dire. Un vrai travail de proximité. Je me suis tant déversée que...
comme d'autres iront secouer le sucrier de galets bleus sur des plages de blé dur comme d'autres empileront en mignons tas propres les framboises de leurs seins comme d'autres valseront au fouet et la baguette la montée du blanc en neige comme d'autres...
c'est l'heure, l'heure du vol. le voleur passe dans ces zones, entre les tranches horaires du chien et du loup. je m'attends à ce qu'il m'enlève le cylindre en 4 secondes sans faire de bruit, qu'il envahisse mon espace avec une efficacité de précision,...
avancer. le labyrinthe étroit, je le tiens de la main, comme un fil continu de naissance. ne jamais quitter même un instant le buis qui fait le mur. il est intense, vert. dans cette douceur drue qui caresse la paume, cette odeur un peu acide, tout autour,...
prendre un peu d'huile, une ricin même pas coupée de sucre. la poser sous la langue. attendre que l'effet glauque s'en vienne. ce haut-le-coeur qui me désenvoûterait de ces maléfices. ils s'en vont, avec cette même indifférence, cette envie de s'arracher,...
ce matin j'ignore encore ce qui s'est passé dans le monde... j'ai fermé les yeux. c'est bien souvent mon dernier recours, un bouclier de paupières. ne rien voir pour mettre à l'abri les restes d'espérance, les enfants intérieurs et leurs gamineries de...
ce sont des jours hydrocéphales où le prêt-à-penser gonfle la moelle et toutes les éponges. la fonction crée sans doute l'orgasme. je suis censée jouir des préfixes mauves de l'aube et des éruptions de méninges. mais je me sens comme un bateau de papier...
flux vaillant. la nuit emporte tout. il pleut à la renverse. c'est dire comme il en tombe! plus haut je crois que ce sont des flocons, la douceur appartient à des pelures d'anges finement ciselées à l'économe. le sol luisant de lunes en bris et mon sommeil...
comment savoir le crépuscule des pierres, quand on devine à chaque ombre qui passe celui des lierres et des humains? ces reflets de rouille, de souris entre les éclats, ces lampées d'or qui fouillent ainsi le chemin. que j'aimerais en savoir plus sur...
taille-crayon. prendre l'âme et sa pointe toute usée. les traces au canif faites à l'arrachée se sont noircies. les doigts qui devaient la manier ont-ils été si sales ou est-ce le charbon qu'il y a à l'intérieur de moi qui coule comme ça et rend les choses...
texte sans profondeur, juste à la scène des choses. y rester, à faire la planche. demeurer ainsi, regarder ailleurs, là où c'est pas extinguible et sans rideau. éplucher quelques émois simples, un émerveillement de gargouille, une balançoire, la danse...
quand vient cette heure de théière et de biscuits secs, de voisins coursant les dernières feuilles, j'envisage la dégustation des espaces, à la façon british bien sûr. dans un canapé mauve ou lavande, je suce mes osselets. l'avenir me redit son goût sucré,...
bien entendu tu n'écriras pas c'est certainement mieux ainsi. je sais à quel point nos paroles créent des êtres vrais et tout ce que l'on dit prenant forme il faudrait un jour ou l'autre en saisir la main. alors je suis comme une machinerie qu'on aurait...
premières prises de bec, avec un petit pain carré et des graines brodées dessus. il a chaud le petit et sous mes dents, ce sera la torture des salives, un baiser de pieuvre et de thé à la menthe. la nuit échoue toujours sur la table de la cuisine, baleine...
poudrier à parfum. une boîte blanche et dedans, enrubannée une houppette. le couvercle se dévisse, son pas légèrement dur. je songe qu'avec cet agacement nerveux d'ouvrir, je prépare cette légère farine à son tremblement exquis. j'agis en précieuse. je...
tente de me rappeler quel bruit cela faisait, cette course, ce rattrapage impossible entre mon jardin et l'autre bout du monde. tente de me rappeler et combien je cherche encore malgré moi -et malgré tout finalement - à racoler le passé disparu dans un...
toute la nuit à la guitare, musique aux accents pathétiques qu'on ne s'avoue que solitaire, des cassées de notes au bout des ongles. -vous aussi?- mais la voix, par-dessus, arrondit l'air et met sur les escales des accents purs. j'ai ébroué les tam-tam,...
retour de prise d'air, je ne vole pas mais je marche encore. neige pure, feuilles mélangées et un ciel bleu. moi au milieu du monde fourmillant de nos pas. combien sommes-nous à fouler l'hiver? juste devant, l'autre blanche, la jeune albinos qui saute...
prendre ma journée en alouette monter avec les hélices, les bras tendus on arrive plus vite au plafond. programmer le bain de couleurs, les feuilles et leurs traces de neige. lire l'histoire du chat, y reconnaître le sien, prêtresse des langues étranges...
sortie de route en dentelles. neiges en petits accrocs sur la robe noire de chez Temporel. glissade, reprise. tout est dans la douceur, la grâce de faire du pied. j'y vais mollo, j'adhère à la danse , aux pas chassés des flocons. le ciel est si épais...
bien sûr que j'aurais pu t'aimer! comme cela aurait été facile. sans doute. j'aurais pu le faire presque du premier miroir du premier blé qui lève. il y a des choses que l'on sent au travers des pull-overs des pousses avec des couleurs dans l'étoffe....
pique nique d'hiver nappe blanche, nous et les oiseaux nous déposons partout nos trésors d'or et de rouille à la parcimonie des arbres qu'on rompt les dimanches comme du pain de ciel on grignote des moraines des biscottes sucrées qui craquent sous la...