poematique expiraTOIre
la nuit a tendu des écrans aux quatre coins des chambres pour que j'y fasse un dépôt de mes projets d'étoile. on a pompé la mer à la seringue, toute aspirée. entre des bancs de sables et des remises d'eau, j'ai vu mon corps suspendu au cintre éternel, un vent doux pour m'aérer. patère au mur et ma chemise qui flotte.
le voyage démarre à 7 heures. c'est prévu dans l'organigramme. 7 heures est-ce trop tôt ou trop tard? et quel voyage et quel pays? ai-je la valise, la bonne chaussure et le dernier cri du manteau? puis-je quitter? puis-je partir ?ai-je ouvert ma bibliomancie au bel atlas? redites-moi, ô mon cheminot, si c'est là mon petit quai, mon strapontin panoramique?
- ho! allons allons! restez dans la file! chacun son tour de bielle.
grignotis. les écorces prennent corps. mon poème lisse se met à râper, poussée d'échardes ou de verrous. des noeuds partout à coeur et des plexus à l'embrouille. j'aiguise mon stylet. la cire molle de l'esprit et le corps de cuivre inaltéré. bientôt les premiers mots, de l'acide et je serai toute écrite de coups.