poematique expiraTOIre
feuille blanche. esprit blanc. même l'ombre qui est dessus me paraît blanche. la friche. chaque pensée bégaie et puis se dissipe. je ne termine pas mes phrases, même pour moi même, quand avant j'y allais de tous les tons, de la question, de la réponse, des incises et même du commentaire. je me faisais mon théâtre.
déconcertante aphasie qui contamine des territoires entiers du temps et de mon envie. je me sens à l'orée de la pluie mais si loin en fait de ma soif. écrire pourquoi? pour qui? je sens la cordelette des sourires kabyles sur la gorge. j'ai épuisé ma littérature ou alors son destinataire, un spermophile aux joues pleines, un quelqu'un ou ce "tu" qui justifiait mon énergie. il me semble que les heures se mettent au travers de la gorge, m'assignent au modeste silence.
à quoi bon dire, "tu" n'est pas
et te dire ne te crée pas non plus