poematique expiraTOIre
taille-crayon. prendre l'âme et sa pointe toute usée. les traces au canif faites à l'arrachée se sont noircies. les doigts qui devaient la manier ont-ils été si sales ou est-ce le charbon qu'il y a à l'intérieur de moi qui coule comme ça et rend les choses si abîmées? je n'arrive presque plus à écrire sans me ronger le bois. pauvre âme dont le violon la burine d'échardes! je ne dessine plus de boucles légères sur la feuille mais y grave, profondes, des cicatrices. quelqu'un repassera peut-être dans ces sillons, y touchera ma voix devenue blanche, lui redonnera son ombre carbonée. prendre l'âme par la mine, détourer à la toupie de lames ces excès ligneux. faire resurgir le graphite. sur la table quelques copeaux frangés de rouge, mes écailles de fagot