poematique expiraTOIre
J’étends mes doigts. Craquements de phalanges, je gigote je manipule.
Clavier sauvage. Un galop, comme dans le terrain , des doigts sur les touches. À la rotule, au garrot, la course des ongulés de l’écriture. Mes mains dégagent le corral, je frappe. - je frapperais n’importe quoi-. Je force barrière et passage.
Entendre ce bruit de cavalcade, ce bruit de charge rapide, emballée. Songer à la force de poussière que cela va soulever sous mes narines, cette buée de naseaux, collante dans le foulard. Et l’humide du tissu quand on crache son souffle et qu’il pompe vos salives. Imaginer alors et désirer la guerre.
J’étends mes doigts, les étire lentement comme des jambes à la marche.
Le pas de l’oie de ma main sur ta chair. Fantassins tranquilles et secret s éclaireurs du désir. je vallonne, je creuse, je franchis les gués du pays. Je change mon rythme, je rampe au ras de la caresse. Le moindre craquement te fera fuir. Rester sur l’inconnu, au revers toujours et ne montrer aucune trace si ce n’est la piste silencieuse d’une possible bataille.
Et puis crocher mes doigts, reformer les griffes des accrochages. Chercher tes serres. Les empoigner. Nouer les prises , clés de bouches, clés de corps, de jambes. Dérouillée intense. Close-combat dans le sable du drap.
Ouvrir lâcher.
Chaque jour dresser ainsi l’amour. Le domestiquer avec la même crainte de la fuite et l’emballement
Et redevenir sauvage.