poematique expiraTOIre
serrer la tasse, chaleur providentielle pour mes doigts. le vent glisse à nouveau sous les encadrements des fenêtres, animal têtu butant devant mon refus d'ouvrir. ...ce petit courant d'air qui me grignote le cou!
je travaille l'esprit confit de froid. pays nu noir des matins d'hiver où tout ce qui bouge vous perce et vous poinçonne.
-même ta voix qui passe sans mot dire-.
il faut compter trois à quatre bols de chaud de plus dans cette saison au cul du diable pour atteindre un rayon de journée. suffirait-il d'un peu de miel pour mettre du soleil sous ma langue?
-tu attends sans doute que bourdonne sous mes lèvres la foison des abeilles-
je veille encore, je mûris. ma bouche est une coquille dont l'oiseau est un baiser. gésine de langues ameutant mes soupirs. c'est la pouponnière des fleurs, serre chaude où vivent des envols de mains aux doigts bagués de tisanes.