poematique expiraTOIre
elle est devant moi, adolescente liane. je l'imagine enfant dans son autre vie, lointaine au Sri Lanka et dans ses forêts de silence. elle me sourit. elle est sourde, n'entend rien mais me parle, m'écoute sur les lèvres. tout lui semble ravissement. elle...
en pensant à CSMBEGGEN grande lessive de lumières le temps est en prélavage. fonction pure laine. des moutons partout qui s'apprêtent à sauter dans un bol d'encre, là-bas. c'est encore mieux l'hiver. je cherche dans mes lingeries de dessous bleus. faudrait...
brouillard. la bave de la grenouille météo ne m'atteint pas. je suis à la faveur des tisanes, les mains autour de ces transparences qui auraient presque un goût opaque et miel. je me chauffe au feu de l'eau.- parfois j'ai l'ivresse vergogneuse et me mets...
fenêtres. le vitrail n'est fait que de chiures de mouches et de gouttes blanches. confettis de dépotoir, le paysage à moitié digéré face au regard. ce dernier manque de profondeurs. il me revient toujours, me claque à l'oeil. sensible fresque sous les...
Baptiste Gaillard Baptiste Gaillard (1982) travaille dans le champ de la littérature et de l’art contemporain. Il a publié des extraits de ses textes dans des revues comme la Revue de Belles Lettres 2012-2 (Genève), la revue Triages #22, 2011 (Tarabuste...
pour ce rendez-vous au bout de l'allée j'ai fait le tour de la Terre mon échelle à l'épaule j'ai appuyé à tous les arbres les murs et les étoiles mon espalier de rêves te trouver j'avais la machette des jungles au poignet l'arc et le regard pointu je...
je ne sais qui est l'auteur de cette photo impressionnante . je me sens comme ça: rien de costaud, rien de fort et pourtant sous la montagne- comme en miniature-, avec un tout petit filet de fumée, en écho dans le désert. la montagne s'en tape, la terre...
TRISTES GARÇONS, LA MER (titre du recueil) Lenteur mais beaucoup trop machinale Laissez-moi rire moi le briseur d’églises le pilleur d’épaves (on le dira plus tard) Trop pour qui décline facilement son identité évidemment c’est un jeu suspect : ainsi...
grimage. tampons de poudre sous les yeux, redonner un peu de ciel aux cernes. deux doigts d' ange m'ont perforée comme du flan. cervelle de moineau qui dégorge, on imagine ce tas de marée noire qui séjourne au fond des cils. vision molle, le flou gagne...
donnez-moi un peu de ce sang qu'on dit frère pour le goût de couteau qu'il retient cette lame à ma lèvre et qui serait de votre doigt donnez-moi de quoi vivre un relief de veines à mettre sur mon pouls un jour vous saurez de quel poids sur le coeur je...
un seau de nuages et l'appel: il va pleuvoir! l'alarme maintenant bat la chamade. la terre ouvre de grands yeux, toutes ses crevasses arides, nichée d'oisillons malades tendue vers le ciel. il va pleuvoir! on met à la fenêtre des pavillons de poussière...
une goutte de café, les yeux de la mousse sans doute, le matin se clache à l'étouffée dans l'étoffe. éphélide oiseuse sur le tout propre du jour. je regarde ce petit rien s'étendre sur les mailles, comme un gros bâillement de chat au lever. je ne sais...
aborder la route et sa grisaille avec cette impression de faire du surplace tandis que passent si rapides les voitures. de la tôle à 100 km /heure qui serre dans les virages et tranche l'espace à la lame. je patine, je fais du concentré de déplacement...
corps passoire troué en perce de sens raide portemanteau de l'âme peau de vers émeri de l'émoi qui te touche n'y trouve que poudre et craie mais aucun mot sur ton travers noir comme une image désormais foulard de l'adieu voici que s'en vient l'ultime...
gabriel lalonde promesse du lever être debout dressée sous le fouet de la lumière dressée à la respiration, à la bonne attitude... le hasard a ouvert des pages et fixé mon doigt sur des lignes, des rides lointaines une onde inébranlable qui prolonge le...
le parfait inutile est un nécessaire de couture un poing contre l'autre serrés ligature de corde de chanvre et ce nœud qui épaissit la voix jusqu'à sa plus parfaite blancheur le parfait et l'inutile tentations tentatives tentaculites de la foi multiple...
hautbois des impatiences qui remonte le fil des forêts en leur lignée céleste la vie d'après- demain est un arbre musique nasse qui me puise dans mes rivages et me porte couchée dans les algues du matin vers le monde des gouttes vent de l'écorce de baiser...
voici que reviennent mes ombres d’éclairs de moucherons de fausses lumières Cette tristesse d’hécatombe, ce fiel de voix au retour des acides Ce rien qui drape la bouche après tout qu'y a-t-il de plus important que cette hésitation de silhouettes ces...
quoi que tu prononces qui titube et tombe quoi que tu dises et danses que tu amasses et laces maudisses files et fuies sous les espaces s'effacent les pas sous les loups les faces les châsses yeux de vieux et la pousse des lierres pierres la mousse la...
j'entends ce violon qui frotte le lointain cette gerbe de notes sur des touches taffetas lamentation de limbes perdus le pas des archers de la nuit accroupis à l'aguêt pisteurs des décombres de l'ombre de moi j'entends que la plaine s'étire et part qu'elle...
prendre mesure de l'empan du cercle sur lequel jouent les âmes la travers ée du centre des ellipses pour l'atteinte le coeur de cible et l'onde qui s'étend perforation de tout iris ce quasar d'amour au- delà du noir prendre mesure des empreintes digitales...
oser cette petite peur monte comme petite mort l'éboulement des puits perce les assoiffés cri décharge contre les murs au rebond sur le vent pavé à la ricoche précis comme un doigt trouant le coeur et puis l'onde sous les arches des jambes lit d'eau immense...
ta main de semeur est plaquée dans mon dos comme une volée d'âme sous les phalanges du temps elle toute seule unique sillon unique chèvrefeuille chaque messe qu'elle prononce remonte le ciel je lève en muscari d'hiver bleuie des froids longtemps tu fus...
même le vent a la couleur de l'asphalte quand il agite la route ce fluide noir des matins pauvres et moi qui suis girouette me voilà négresse des météorologies mon esprit sur le toit grince mon âme carrousel agite les boucles de tous ces serpents et le...
l'échelle de corde sur le ventre du bateau de nuit rouleaux des osiers paroles vers des escales fantômes la coquille blanche des oeufs de la lune chavire la mer et tout ce qui la traverse mon âme jaune quand tu dors est un coeur d'oiseau mes cheveux tissent...