poematique expiraTOIre
aborder la route et sa grisaille avec cette impression de faire du surplace tandis que passent si rapides les voitures. de la tôle à 100 km /heure qui serre dans les virages et tranche l'espace à la lame. je patine, je fais du concentré de déplacement en barattant la balade d'un fouet régulier et court. je fixe l'horizon mais il ne recule pas. il me tient tête, toujours pareil. seul le ciel avance, des nuages en rafales, paysage lessivé des dernières neiges avec ces herbes éventrées de gorges noires.
j'avance comme au temps de ces déprimes à étirer loin loin pour disloquer l'épaisseur du souffle. tout me rappelle à ces obstinations solitaires. mêmes chiens mêmes gens bizarres sur des parcours intérieurs blessés. suis-je au rebours?
et un point de côté, petite cloque triste je suppose toujours au même endroit.
je marche bien plus vite dans ma tête, tourniquet de plates-bandes. comme le monde est vaste, comme tout semble proche au toucher de mes pensées. promenade à la vitesse de la lumière. je mets le contact et partout mes sémaphores douces redessinent pour moi un monde auquel je crois appartenir.