poematique expiraTOIre
les amours poètes ne volent pas d'âmes elles volent simplement comme une brume se fond dans sa corne comme le cri s'enroule à la langue leur peau parchemin avant même de mourir sur elles s'épèlent les maux le verbe la vie plus haut plus loin par-dessus...
glu de poumons tresse oppresse le cercle serre tourne sur lui-même haut les mains pour un envol de toupie la vis ligote le filet de sillon sur lequel tressautent les dimanches les rengaines de l'attente le ciel mauve du soir boucle et frise anneau de...
les sources s'étanchent de me savoir trop libre dans la cage des osiers de rivière on essore les oiseaux je peine sous l'étrille des mains mécanique trop humaine qui ratèle la marge chaque coeur à sa place et le ballon captif jardin japonais la roue fait...
les étreintes de doigts font rivière de paroles bijou monté sur le portail de gorge fruit éphémère diffuseur des absences face cachée de lune plongeant dans le soleil dans l'éther des plages s'enfonce chaque souffle la mer respire bien sûr comme un ventre...
le sel que tu jettes sur l'épaule du jour rend du cristal pour monnaie avec des sons fragiles et une onde dedans le dos ça craque et fendille la coque du matin et on se sent pelé doucement vers sa blancheur d'âme devenir fruit d'amande ou de cajou un...
l'épuisette à poèmes cueille bulles belles des îles taupes surgissantes avec en leur milieu un oeil de cendre bonzaïs du coeur offerts au présent j'ai les mains pleines boîte postale du mystère urne fendue ce baume des hommes créent des femmes c'est leur...
cheveux des pôles couvant les floraisons la saison s'annonce vive et cabrée entre des ergs blancs des jardins de buis ma patience dénouée si nue sous l'axe du monde lâche à terre sa cargaison d'attentes il faut sous ton pas que la route se fasse belle...
chaque nuit tu couches avec mon ombre et je sens qu'elle jouit de l'encre que tu lui donnes la marmaille du jour pour mes basques volatiles piailleurs éclosant dans la peur chaque nuit tu la prends contre les murs contre le bord de l'horizon qui dort...
rêves brouillés tout jaunes dans les maïs avec ce grand soleil qui leur pousse au milieu pieds dans le tapis du matin et nuit sur canapé esbroufe chiffon de moi dans le désir j'ai cherché -je t'ai cherché je crois- à la file indienne la main carquois...
le temps est dans ma gorge un rond dans l'eau une barque pour Cythère l'endroit et l'envers du monde dans le lit de mon cou partition écrite pour jouer de mes cils ou tempo suspendu les surprises se donnent qu'il faut embrasser je suis la sente de la...
voltige des chrysalides dans la main cette chaleur jaune et grise et cette fente de veine qui traverse l'avenir le fleuve respire entre les doigts frelon dans la paume du velours le coeur courbe l'échine à déposer son corps à genoux prière de mettre une...
le jardin est un gravier d'épices dans lequel mes pas trafiquent les aurores un râteau tranche dans les pierres rien ne reste sculptures bricoles invisibles j'ai écrit sur le sol un cahier qui vole de longues lignes de vie au cours de calligraphie j'ai...
psaume des longues haleines des fruits encore légers de fleurs de l'éventail de poudres d'un soleil neuf psaume au soufflet feu de mélodies ce balancement formidable des plaines si le monde chaloupe c'est qu'on laboure des prières et que les terres dures...
là où rien ne doit où tout suppose invente inspire là où je marche sur la tête dans tes yeux clos lucarne des désirs entre deux mains qui se détiennent encensoir des différences à l'amble j'ouvre le jour sur sa chemise bleue peau offerte d'un tronc magnifique...
j'entends ce bruit de baguettes ce piaillement des impatiences les doigts sur l'aube la vie à la débattue ce bruit de soie la peau qui râpe et fait pousser sur l'air des draps et des houppelandes ce bruit de pas qui s'éclipse de lune en lune les tâches...
montagne de solitude dévisse l'empan des ombres entre mes doigts à la mesure danse la vie un gisement d'ailes évente la poussière mon coeur est si mauvais séjour cire vierge de noctuelle l'aurore évide le nid des fous j'entends le cliquetis des gouttes...
dépôts blancs aumône à la quête des jours orée noire et lèvres frangées scillantes vibrisses pourléchant ton parfum mes carreaux de jardin étiquettent le futur lierre tabac mélisse odorante manne de tes mains qui se joignent fresque vide qu'on ne saurait...
le jour sexe de lait au fourreau de nuit les voici embaisés de grisaille roulant dans mes cheveux défaits diffusion de mon âme cherchant son jardin je touille l'immensité à la louche je brasse pleins bras cet enlacement et le flux des frissons quelque...
cahier vierge et puis brouillé mots qui cloquent à la surface des veines silhouettes ou profils les pages roulent autour des lierres bris de vie dans la couverture de l'aurore courbes des températures à la galerie d'étoiles ou bulletins de commande des...
j' aime les adverbes de temps qui ment ces bornes tranquilles stèles immuables d'une religion perdue totems sur mes îles les gnomons d'un soleil tourniquet longuement patiemment durablement... ils mesurent en arpents de poumons tout ce que je respire...
rendez-vous avec le monde qui m'oublie à l'étage des verdures de fenêtres le bain des roses l'encordage du temps sur un fil d'oiseau le brouillon du deuil avec les acacias atlantes de ciel mon amour des parkings auréole au volant et chapelet de mots crus...
Le jour pousse éclosion d’essences énergie droit haut toute il grimpe au sexe vigie tu roules sur l’eau dans le bolide des vents et j’écoute déjà le crash que ça fera quand tu pénètreras le cœur hibou la forêt brame et moi ployée vers ce qui est loin...
Tous ces mots dans lesquels tremble le silence ces mondes en eux-mêmes planètes où vivent les échos ondulantes courbes dans l'éphémère ces failles ouvertes offertes et dont je ne sais ce qu’elles enterrent ces mots qui se bouturent à vos poumons, en travaillent...
la nuit se frotte le dos contre l'aube dissonances de tons et grisaille le volatile insiste lourdement entre vieux rêves et escaliers de secours mon revers cultive ses petites angoisses qu'importe on a la peur qu'on peut et puis nuit passe et passe droit...
les bergers du vent campent sur l'horizon haut ils mettent les collines à sécher étoffes drapant ma terre jusqu'à la tienne eaux immenses ouvertes sur des radeaux de livres l'éolienne de leurs bras chavire les gazons de l'aurore il faut voler remonter...