poematique expiraTOIre
quand j'étais arbre sirotant des rivières saule hérissé d'osiers verruqueuse torturée agrippant entre mes racines le fil fuyant de l'eau ma crète punk et jaune en bouclier de lances je n'aimais aucun oiseau le nuage et tout ce léger qui bourdonnait dans...
j'ai arpenté pour toi un labyrinthe les jours de la lune qui croît et ceux de la lune mourante enroulé le chemin des pulsations ventre qui respire prend le large et s'essore j'ai ouvert mes mains sur l'arête des pierres comme ma jupe de danseuse et j'ai...
îles de rivière aux aguêts la liberté à cloche- pied les errances ressemblent à des feuilles en goguette glissant vers des penchants de fontaine je bois au goulot dans les yeux une poignée de sable îles broyées ban d'étranges piqûres à même la paupière...
je cherche dans ma chambre l'éclisse de ciel qui pose sur le sol une figure d'ange papillon de farine battant de l'aile les attelles du monde gainent mon coeur d'un tambour sourd et dans une fente celui du ressac sur une berge sombre j'improvise ma danse...
un violon s'est couché sur mon coeur et je fuis comme un piano qui picore tout se joue dans les forêts des grands encriers trempent des plumes de corbeau des incantations de secrets de formules et toutes les guérisons perdus entre les ailes de cet oiseau...
la salive roule entre les langues serpents débridant ou muselant les désirs se graver de sillons toutes pointes dehors musique de la gorge et du couteau le sang qui coule de ma veine cherche son frère partition du reflux et de l'unisson je suis entre...
quand s'allonge à mes côtés ton âme d'exil palpable lueur d'entre feuilles étirant la nuit jusqu'à mes yeux je retiens dans mes doigts des mages des paraboles et les comptines de mes enfants perdus celui qui se lève la nuit et jette son rire au caniveau...
le "marchant" d'air a posé devant ma porte les pieds nus du voyage son silence parfait ouvre toutes les fenêtres et mes criques de peau entre sa bouche le fruit de la langue et le parfum du désir je ploie mon cou qu'il parcoure mon échine trembler un...
parler comme on tire un ruban plein d'encre de lettres encore sales de vieux romans dévider l' écheveau des fibres intimes la parole soulève elle empoigne l'escalier de ses respirations de pulmonaire cela urge s'éructe en crachats juste pour faire peur...
ne renoncer à rien à aucun temps aucune aurore ne renoncer à rien qui fait racines qui brasse comme des doigts pleine terre prendre manger s'abreuver jouir et rendre son éternel gémissement. si les traces sont là c'est que le loup marche si une odeur...
le rire est un brisant de verre et d'eau à même les paupières portes ouvertes sur l'univers des fous déboulant comme on libère des catapultes à cheval sur la nuit rire esclaffure empli de miettes un tonnerre au galop à battre sous les portes l'immensité...
p as le premier coeur de papier déchiré menu pas le premier poème torchonné brouillé pas la première feuille au sol éparpillage de corbeille pour le balai des huissiers de jardin pas le premier papillon vole qui fait ace au filet pas le premier ticket...
les poèmes ne cherchent rien à dire ils n'appartiennent à personne sortent comme des champignons sous la pluie et vivent vifs font leurs ronds de sorcière dansent peut-être impertinents sans tenir aucun coeur en conte les mots sont des oiseaux à l'affûtage...
t u as plaqué l'univers sur la porte de la chambre lits et déluge de fuite glissé tes mains dans le delta agrafé des fleuves sur le bois des palissades puis un oiseau plus rouge qu'un coeur de feu tes paroles ont fouillé des mots à même la langue goûté...
chat à la sieste de voler repu d'oiseaux de loin comme un trou dans l'air réclamant qu'on le remplisse il est venu d'un autre monde d'un âtre d'univers où il dormait tenant entre ses griffes quelques plumes et les traces des Sioux chat devin des tentes...
vivre est au bout de la plaine si loin de ce pas de la danse des pissenlits migrateurs à la corde des vents poussives ombelles noires d'un même vin saoule ivresse titubantes à bégayer l'azur une poursuite des lézards cette fainéantise chaude éclatant...
ces m ots jetés comme des dalles flaques dans un jardin d'images sinuant parmi des fleurs d'encrier de fontaines au sommet des volcans portés à même le dos, la peur ou l'envie par un croupier de hasard par-ci par-là des reposoirs des tuiles pour les oiseaux...
à mettre mes poings dehors à tirer sur le ciel tous les traits des oiseaux à perdre le pas entre mes quatre murs à cogner des barreaux de page à laper l'incendie le poison des pensées à me fendre de travers à larguer mes étoiles à tomber de silence dans...
pleine tasse de solitude avec son éternel nuage le retour des barrières fait entrée de jardin palissade des interstices des lumières en fagots de pelouse le déroulement rosée de la plante du pied une marche sans l'autre parcelle rapiécée jour à jour pour...
écrans écrins de verre bulles delessive acrobates agrès des légèretés et des fuites des planètes coursent l'envol ping pong sur un fond d'éventail et de linge qui flotte Dieu mousse au savonnage du temps une échappée de boulier à refaire ses comptes de...
... ce désir ouvrant des chemins faillants des éboulis ce désir catapulte quêtant la nuit vers ses années lumières désir souffle des hommes qui débourrent la vie le séisme des lèvres balbutiantes cet espace qui ne cesse de se remplir de l’espace de pièces...
les femmes sont des désespoirs comme les autres suis-je ne suis- je pas sûr que je n'existe pas...ou alors une trace de mots comme en laisseraient les limaces peut-être un homme une guenon une fumeuse une rousse une sado-maso une vendeuse de jambon ou...
le temps superpose ses temps il empile ses regards sur une profondeur d’abysses le temps sans autres alternatives que d’être éternel ou n’être pas entre les deux ce rien le fluide des mots nouant bout à bout des mesures et des pas fragiles impossibles...
il neige de la lune sous les réverbères plein flocons d'insomnie de rêves en gamelle je tourne en rond même en rondelles mes soucoupes en orbites béantes sur la nuit et ses fantômes l'heure est une proie je chasse en chien d'arrêt tous les quarts d'heure...
petit monde des éboulis d'amour d'une nuit jusqu'à sa nuit sans passer par le jour les arbres jettent par poignées mes yeux et leurs élytres et je tombe si bas qu'il faut scier mes ailes un grand garni d'oiseaux solde les mots qui passent un chant troué...