poematique expiraTOIre
La tristesse qui me vient quand je m’en rends compte tant de magies, de paroles, de pensées, de rencontres essentielles rendues banales, que l’on « laïcise » et qui sont dépouillées de leur mystère premier, de leur nature d’exception ces instants de frottements...
parait que je suis malade. mais oui! ma souffrance fait partie de moi, je ne vais jamais pouvoir l'arracher ni la cacher sous le masque de la sagesse. je ne serai jamais les bras ouverts à me faire croire, à vous faire croire, que je suis une tige parmi...
je vous choisirai d'entre toutes mes ombres hampe de feu sur mes heures couchantes votre pluie fertile pour ma bouche votre bras pour le lierre et le cou pour la peine qu'y laissent les saillies j'arquerai mes épaules au souffle de vos lèvres quand les...
l'ami. il vous arrive comme ça, un instant de hasard ou une inattention de Dieu. il arrive et il a déjà son air de vous ressembler un peu, de vous paraître presque familier. quelque chose, un chant connu , une idem manière de prendre l'eau et de percer...
Il pleut des aiguilles à tricoter des anges De la flotte au point mousse débordante et pleine J’équeute dans les rizières des flaques et des îles le mélange frais du jour des mélancoliques averses sans cesse ces offrandes dégrafées qui mettent leurs petits...
il y a du vent un soleil et puis la lune des terrasses des femmes des enfants des oiseaux, la neige le givre la peur la joie le chant des oiseaux des labyrinthes des cours des rivières des veines du bleu du gris des traces le noir des oiseaux du cri du...
Les deux ombres d’un seul baiser Lèvres cousues de nuit dans le bel aquarium du songe Elles se boivent d’une soif inextinguible Entre sable des mers et une pluie de lapis-lazuli Émulsion d’un désir rampant cosmique Si loin que remontent les pointes de...
ainsi ce vieux mal d'estampe quand le soir perd son carnet de bal qu'il faut jeter ses pas sur des patères jaunes bavant des ronds de jambe à des fils électriques le salon est clos comme un parc sans chevaux je scelle un vieux rêve toute encre au tampon...
là où rien ne doit où tout suppose invente inspire là où je marche sur la tête dans tes yeux clos lucarnes des désirs entre deux mains qui se détiennent encensoir des différences à l'amble j'ouvre le jour sur sa chemise bleue peau offerte d'un tronc magnifique...
les galaxies m'oublient je ne cherche plus il y a trop à trouver même la peur blanche dans le tamis des masques le lait des hommes éclabousse tant d’étoiles que d’une main j’essuie pour raccourcir le ciel la lune t’appartient elle s’est donnée à toi et...
chat à la sieste de voler repu d'oiseaux de loin comme un trou dans l'air réclamant qu'on le remplisse il est venu d'un autre monde d'un âtre d'univers où il dormait tenant entre ses griffes quelques plumes et les traces des Sioux chat devin des tentes...
il ne reste rien tout est propre rangé table sans vie et légères candeurs j'aimerais parfois penser à autre chose que rien ne reste serait bon signe ce net aèrerait le printemps et le printemps me signerait sans doute j'aimerais parfois penser à autre...
encore une nuit sans phare pour creuser des tunnels une nuit de réglisse sucée à bout portant et qu'on tient les mains jointes sur de sombres dentelles une nuit orpheline une nuit d'émigrant alourdi de valises étiquetées très loin lourde à s'assoupir...
se réjouir du silence profond est le silence se réjouir de la profondeur immense est la profondeur se réjouir de l'immense ouvert si ouvert est l'immense se réjouir de l'ouvert si bleu si rouge si jaune est l'ouvert se réjouir de ce bleu qui n'a fait...
j'ai usé l'encre de nuit noir sur noir l âchée en sonar sur le ciel j'ai tâté doigts sens désir aveugle la forme de lui le pouls qui tressaute entre toutes ses pierres j'ai respiré tout l'air chaque flacon l'elixir humain chavirant le parfum j'ai creusé...
avez-vous finalement reçu mes ombelles par courrier mes cerceaux de jupes le petit coeur mousseron avez-vous pris soin d'en grignoter les pédoncules bois doux toutes griffes dehors d'en sucer jusqu'au noir des dents le charbon qui rend fou avez-vous comme...
Caïn dans son trou réinvente la passoire s’échapper par le vide serait si tentant glisser comme une traîne d’arbre insaisissable rampant des surfaces se dissoudre en potion dans l’eau des remèdes tenter l’ascèse d’un jeûne sans retour pour une ligne verticale...
il n'y a contre la barbarie qui vient que la houle de fond des unissons que la bouche profonde des arbres la tentation du ciel qui appartient aux ramures que la tempête qui chavire les voix la pièce d'or d'un avenir de lumière pour seule obole on poste...
je ne suis qu'un écho parti sans rien dire un tir pour rien à blanc de cible que l'ombre de la porte et le froissement d'un jour de papier on a chassé mes racines de ciel pour de fausses fourrures ma tête est nue sous les ombelles sèches je porte des...
le jour sexe de lait au fourreau de la nuit les voici embaisés de grisaille roulant dans mes cheveux défaits diffusion de mon âme cherchant son jardin je touille l'immensité à la louche je brasse pleins bras cet enlacement et le flux des frissons quelque...
on devrait tous être le désir de quelqu'un ce bout de flèche ce but tiré à quatre épingles sur le temps et la volée être un post-scriptum une sorte de timbre mouillé sur le bagage on devrait être ainsi un jet de lumière pour quelques frissons d'ombre...
bricoler ses demains après la nuit sans trève enroulée dans le colimaçon de sève heures larvées des métamorphoses facteur rhésus imago négatif tout boulonner serrer serrer pour éviter les fuites se tirer et même la langue tailles au canif des stolons...
silhouette, profil dense. épaisseur largeur rondeur. ma trace creuse dans le verre un espace noir, comme un trou enlevé au pochoir. mon extraction est celle d'une ombre, celle qui vient du devant de la lumière. j'essaye d'esquiver cet appel d'air, ce...
les bergers du vent campent sur l'horizon haut ils mettent les collines à sécher étoffes drapant ma terre jusqu'à la tienne eaux immenses ouvertes sur des radeaux de livres l'éolienne de leurs bras chavire les gazons de l'aurore il faut voler remonter...
dans la salle. loins l'un de l'autre. Elle est lasse. Alors relâche sa tension sans s'en apercevoir. Déjà la voilà plus souple, plus abandonnée. Ses jambes se sont légèrement ouvertes et elle tient maintenant ses genoux presque l'un contre l'autre ; ça...