poematique expiraTOIre
La tristesse qui me vient quand je m’en rends compte
tant de magies, de paroles, de pensées, de rencontres essentielles rendues banales, que l’on « laïcise » et qui sont dépouillées de leur mystère premier, de leur nature d’exception
ces instants de frottements perméables, rares, uniques… pendant lesquels on est invité à toucher le secret de l’existence, alors qu'il nous est donné de vivre "concrètement" comme un vital secret …
tous ces moments décharnés équarris de ce qu’ils ont de sacré, de divin peut-être, pour n’être plus que des anecdotes, des étapes de ravitaillement sur une route qui n’a jamais eu d’autre importance que le but à atteindre.
la profondeur de ce qui advint est comblée rapidement aussitôt
on ratisse, on égalise, on bouche. on se détourne, on ne voit plus, on ne veut rien sentir. on banalise…
rien ne dépasse rien ne creuse.
Et alors que sur ma peau je laisse encore courir le frisson, que mon esprit tremble et vibre encore, je sais que se vitrifient, lisses inutiles frigides, les interférences, les chocs, les jonctions …
la friction d’exception d’âmes à la touche.