poematique expiraTOIre
Quelque chose se détache de moi. Est-ce la corde, ou peut-être l’enclos ? Est-ce mon cou, mon pharynx qui se brise soudain et me quitte ? Ma parole jet, ce tracé m’abandonne, me réduit en mors de poussière. J’y avais planté mes bras mes mains mes ongles, m’y retenais mordicus, je crois. J’adhérais à sa cause. Je nous croyais ensemble, la peur et moi, la rage, la douleur inclassable. Je l’attisais. Pour vivre sans cesse… Pour ne pas t’oublier, ne pas te ranger dans un endroit paisible où tu aurais été parfait ou alors sans moi. Pour donner de l’allure à mon ombre, pour envelopper mon être trop simple de couches en découches, de pelures en écorces. Je me voulais endosser une à une les révoltes du monde, me prendre pour elles, pour lui, pour une vie friable où on m’aurait écorchée d’une simple caresse… Qu’ai-je vécu qui allait me faire mérite de tenir ainsi agrippée, cramponnée, têtue avec au cœur de moi qu’on ne peut être seul que ce n’est pas vivable que cela n’existe pas ou alors que c’est mort.
Distance, élargissement du regard, grand angle, la route pour scier le fil d’acier pour me couper les mains ou même les ongles... L’épure de mon être, l’épure de mon corps, être de la ligne simple, du fuseau, du méridien. Totalement vraie et parfaitement irréelle. Je ne pars pas je me départis puisque c’est obligé.