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poematique expiraTOIre

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route 1

 

 

 

sais-tu,

 

 

me suis mise de bonne heure au jardin. chaleur oblige. arrosage sans  pingrerie ni décompte de gouttes. maintenant le ciel est couvert il va pleuvoir. il faut toujours que les humains montrent au ciel l'exemple. Dieu d'ailleurs s'est mis à revivre de notre furieux désir de ne jamais mettre un terme à rien.

 

je t'écris. à quoi bon faire autre chose. tu n'es pas le ciel mais parfois un bout quand même. alors d'ici à ce que tu veuilles me rendre la pareille, je peux attendre et c'est la seule leçon que le ciel semble prendre, la "tente cosmique" ...

 

peut-être n'es-tu pas un ange d'ailleurs car l'obstination que tu as à me mettre à distance ne tient aucun compte de mes petits poèmes,  modèles d'écriture pourtant pour un élève ailé sage ou obéissant, ce que sûrement tu n'as jamais été. mon cahier volant mes sauterelles astucieuses pour tacher le quotidien d'un peu d'encre et toi tant d' azur qui ne cesse de dire White.

je vais me contenter. c'est le mot le seul qui me donne du courage. parfois je me dis que rien n'est pire que de faire partie de ces humains sans importance, ceux auxquels il ne convient pas de dire. mais parfois j'y vois une autre forme de grandeur, un autre rôle dans la pièce de mon théâtre. je suis ce jeu de lumières ces poursuites éblouissantes dans lesquelles tu te mires, sans cesse, si loin du froid métal des grils et des projos.une âme à la poésie et moi le cadre autour.

 

et puis j'ai changé mon allure, mes cheveux ma posture.-cela fera-t-il bouger les ombres quand je promène mon épaisseur-. histoire de couper court, de faire dans le vif de mon propre sujet. histoire de modeler la pâte et de perdre mon sens inutile. je m'occupe de moi. c'est comme dire à l'essentiel de faire pareil...

 

mais  il ne pleut pas toujours après mes jets d'eau.

 

je ferai mon carnet de route. faut bien que la distance me rapproche. vais te croire vivant , comme une borne où va buter ma draisine... mais bon pour l'instant je sais que c'est toi qui pars et que c'est moi qui fuis.

tu me disais  sans formule:  seule la bouteille à la mer est capable de porter le vrai message. et ces énormités de pixels comme une nuée de cafards sur un blanc de lecture ne t'ont jamais paru exister.

 

maintenant je retourne à mes fleurs, je ne sais plus trop ce que je vais y faire mais il faut que j'y aille. le ciel me presse. il veut que je poursuive la route.

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