poematique expiraTOIre
image tirée du site figaro.fr
pierre, la pierre encore
recel d'un peu de mort à mettre dans ma poche
ensemble raide du sable qui passe
respirer le bloc monochrome qu'est le chemin
l'effort surhumain d'y chercher l'air.
pierre, dans les déchirures de la main, y trouvant la forme parfaite de la violence contre laquelle s'appuie la révolte.
pierre secrète, suint d'impossibles montagnes à soulever, offerte à la pesanteur de bulle de ma vie pour cracher enfin l'indécence d'être encore
pierre, de la vibration des grands fleuves, migrante de l'invisible
je suis paralysée dans ta marche inexorable, droit dans le mur qui est toi.
pierre, la précieuse quand tu verses dans la lumière, la mienne calcique carbonite que des inflammations de terre
je sers la pierre déesse, la parfaite concrétion de la plage, d'une dévotion religieuse
le dur que j'habite
le dur que je deviens
quand l'enfer en est pavé et que je mens
que j'écris sans parvenir
que je roule mon âme dans la poussière amoureuse
écailles du peau à peau solitaire
statue n'est-ce pas...
statue raide morte
qui est le dernier socle où tenir la misère
encore un regard en arrière
la mort arrive par la nuque
et la salive salée de Démosthène