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poematique expiraTOIre

pays

au hasard d'une revue. soudain je bute sur des mots difficiles, groupés toujours ensemble et qui me tapent dur."trouver ma place", dit cet homme célèbre dont rien ne laisse supposer pareil souci.

ces mots qui sont d'une banalité indéniable, ce matin me perforent, comme un fer dans le gras de la vie. ils mettent en relief une monstrueuse faille.  écho spécial et inattendu.  je ressens physiquement l'espace qu'il y a tout autour, un espace énorme, des ponts branlants, des passerelles à moitié brisées, des nacelles sans filin. et personne

c'est l'histoire d'un homme qui voit son fils adoptif le rejeter et son père mourir. lui ne sait comment tenir sa place. et moi donc!

si quelqu'un était là, près de moi, saurait-il  ce qui se passe en moi et le cheminement de ma pensée? non bien sûr,  mais de sa présence, de son incompréhension aussi, il marquerait ma place. n'est -elle pas définie par les entours? il lui faut des limites.

la solitude ne vous met aucune bordure. vous n'êtes à l'orée de personne. vous réalisez que cette place qui est la vôtre n'est pas un jardin, pas  un territoire, n'est pas un pays, pas un monde non plus. il lui manquera  les barbelés d'un autre même détestable et épineux pour vous coter. où que vous soyez, rien ne vous dit que vous êtes à votre endroit. l'énormité de n'être de nulle part vous rend inexistant par l'absurde.

penchée ce matin sur l'eau de mon bain, la nausée d'un  Crusoé naufragé dans la carrée style troènes et gazon lichen fonctionnaire. que l'univers est infini...!

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