poematique expiraTOIre
tout un quartier, une zone de friches à traverser, chaque matin le noir en dermes profonds. je m'enfonce dans la campagne. mes grands phares soulèvent au fur et à mesure des animaux fantatisques, des êtres en fuite, des fantômes. je vais à la machette Citroën dedans le gras de la nuit. je clampe l'obscur pour aller au coeur et voir ce pouls solide, régulier métronome, d'un bureau dans lequel se tient mon temps. je franchis la cour qui longe les bruits de la forêt. je sais tout proches un ou deux renards, une biche ou ces hiboux. je rentre la tête dans les épaules. je ne suis qu'un humain faisant claquer ses talons pour les tenir tous à distance. parfois ils décampent à cris et je me transforme en boule de peurs vives. ils détalent. parfois je les sens tous suivre ma présence jusqu'à ce cliquetis de trousseau qui ouvrira la porte du château. mais quoi qu'il arrive, à un moment sur mon trajet, je lève la tête et ,je regarde ce grand tas de bois clair agencé avec une rigueur parfaite. à un moment, unique bizarre et si envoûtant, je vois un cheval blanc venu droit de la lune.
ombres jlmi ↓