poematique expiraTOIre
Pourquoi la mer s’en va-t-elle ? Mais non… Elle récapitule simplement, elle exerce le départ, sans jamais en avoir assez, les vagues à leurs gammes. Elle essaie, elle vérifie le voyage, s’échappe et puis elle s’en revient. Et cela recommence.
On se tient face à elle, on goûte les partances, on s’assure du retour. Par saison, elle va plus loin encore. Elle absorbe la plage, avale tout le sable. On croit qu’elle est partie pour de bon et on ferme les yeux. On prie un peu pour son âme défunte- quel frisson, ce vide asséché-, avec une tristesse de baleine perdue sur nos soupirs. C’est bref, cela ne dure pas. Mais sait-on vraiment quand est-ce que l’on prie ? Il y a des psaumes furtifs qui bouleversent la Terre. Et soudain, on entend, on écoute. On attend. La mer arrive et reprend son berceau.
Se tenir face à elle, sur la rive. Regarder partir, regarder revenir, ancrer son rafiot d’espérance. Et toi qui n’es pas là…