poematique expiraTOIre
Ecrire à l’aveugle, à l’eau trouble, signes secoués. Le monde a ce matin une tamise d’ivrogne. Il est tout tremblé sous le manque et j’écris par-dessus, une « gurlette » au fond de l’œil. J’ai le délire jaune des humeurs de cils. Je voile, je gondole l’image, je n’y vois goutte, une crasse opaque pour rimmel. J’ai perdu mes lunettes, ces tas de sable cuit qui ajustent pour moi le monde dans son écrin. Elles sont peut-être retournées à l’état de miettes, quelque part où l’eau vaut plus chère que mes larmes. Je fronce la vision, je visse et dévisse l’objectif, je fais la mise au point. Rien. Tout un paysage désolidarisé avec ces auras apparentes qui bavent et ce flou, ce flou à la spatule débordant chaque chose…le monde ce matin a des idées plutôt bien roulées. Vues de loin en tout cas mais de près ah ! de près… ?