poematique expiraTOIre
terrain vague. ces terres réactives, ces bordures amples ou étroites de l'abandon. d'un côté la civilisation, de l'autre la jungle. entre, cette indécision emplie de cicatrices de l'homme vague. des trous, des tas, de la terre si foulée qu'elle a déjà pris le parti des pierres. lieu de déportation, lambeaux des âmes indécises. entre tout. dans l'interstice, des éclats, gouttes de couleurs et plantes compagnes tentent vainement le raccord. homme vague, mon semblable, voici notre toile ratée d'où s'effacent les idées, les amours, les formes à la térébenthine ordinaire. raturages indéfinis. comment rejoindrions-nous les armatures du béton ? comment ouvririons nos sols pour des semences? nous sommes les métisses de l'exil avec en héritage le pire des uns et des autres. homme vague, nos friches sont du bord de la fin des mondes. nous le savons, toi et moi. nous n'avons pour voyage que l'arpentage des bannissements. mesurer et investir l'état pellagreux de nos carences.