poematique expiraTOIre
la ville est pleine. grouillante avec son vermifuge du week end. l'agitation, l'ébullition qui cuit le virus vital. demain sera morne dimanche. pleine d'humains si proches de nos bestioles. des oiseaux, des rapaces et des singes qui rôdent, vieux mâles solitaires lorgnant des gazelles. la chasse ne leur appartient plus, c'est leur temps de cueillette, rare feuille après l'autre, qu'ils suceront comme un festin de tige. je bois mon jus, ils passent, emplis jusqu'à ras bord de projets sans doute. j'épingle dans mon carnet les espèces et les travers. rien ne m'échappe. j'observe et ces évidences rendent la ville nettement moins belle qu'elle fut lorsque je ne savais rien. à force de prendre ces apéros de terrasse, j'ai cartographié les gueules et les gestes. qu'est-ce qui pourrait bien me surprendre? et puis là-bas sous les rastas des arbres, comme un ventre d'avance, un redresseur de feuilles. je cille que vois-je? l'homme orange a fixé sur son chariot à la pointe de ses balais, une rose. une rose en drapeau, en sémaphore... c'est fou comme une simple fleur peut vous casser les théorèmes et vous renvoyer tout de go sur le banc du poème
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