poematique expiraTOIre
dans chaque oeuvre je me glisse, comme le chat passe sous les portes. une seule faille et me voilà dessous, dessus dedans.
toutes sans exception ont de ces écaillures, de ces petits coins défaits par lesquels me faufiler. j'erre ensuite dans ces permanences du rêve avec des outils d'explorateur, mes bocaux à échantillons,mon carnet de notes, mes croquis d'aventures. je visite les à-plats de la vie.
cela fait longtemps que je le sais, c'est mon voyage ici, mon égarement volontaire.comme celui de tous ceux qui regardent mais qui semblent si souvent l'ignorer... je les vois devant la vitrine de l'art comme dans un musée. c'est comme si on leur demandait de raconter leur dernier rêve et qu'ils se mettaient à décrire le lit dans lequel ils ont dormi...
je me glisse et que m'importe la toile dans laquelle je me suis emballée, seule la nuit et ses couleurs comptent. j'ouvre les paupières sur mon âme, la mienne seulement. je dépossède l'autre de tout ce qu'il croit lui appartenir.
et dire qu'il y a des artistes qui ne semblent travailler que pour le catalogue literie des ventes par correspondance. tristesse.