poematique expiraTOIre
ça y est, j'ai à nouveau relevé ma carcasse du gisant de rêves, quitté l'étendue de neige, les glissades de l'ombre.
me suis assise sur le rebord de la journée, posé pied à terre. le tiède du parquet, le froid des planelles. secoué les franges de la tête, dressé le bonhomme, l'humaine silhouette.
je me vois réhabiter le corps sympathique, abandonné comme une cabine scaphandre sur la plage en coton. un peu du citron de lumière et me voilà encre apparente. quelle expédition encore dans le terrain mou de ton existence? je ne sais plus. tous les programmes intérieurs sont sur erase. je reviens des endroits de la vie qui ne laissent pas de traces.
maintenant avec, -diffuse partout sur et dans la peau-, la sensation de faire doublure. je suis revenue chercher la nourriture, le carburant de l'autre vie. je dois passer le sas de la nuit, la chair pleine de désirs. alors seulement ressurgiront les mondes où tout m'est possible, même mourir et ne plus revenir.
revenir à des choses simples, le goût du silence qui pose son odeur dans toute la maison, le bleu du matin qui arrive déjà et qui module la nuance me sortant de moi-même...