poematique expiraTOIre
rendez-vous avec moi-même. nous devions nous voir à 20 heures. je devais arriver pile à l'heure mais moi j'étais en retard. j'avais des choses à me dire, des choses urgentes à régler. j'étais dans une autre histoire, à m'en foutre de ce qui m'arrivait.
je pris un café dénudé et je choisis un jus de fruits frais. j'étais dépenaillée, mal coiffée, en colère, mon regard très serré le long des arcades sourcilières. moi, j'avais ma couche teintée de crème et blush cerise. jamais pu me sortir sans me couvrir de machin.
je tripotais mes papiers, le coeur avait mal au silence. je tapotais mon ipod on sait jamais, que je reçoive un message...
je voulais me dire des confidences urgentes, me serrer contre moi, trouver un peu de réconfort, une sorte de tendresse indispensable à réchauffer ma détresse. j'étais ailleurs dans la surface lisse des achats compulsifs, songeais avec envie à un jeans de marque ou un foulard Hermes.
je sortis sur la table cette lettre qui me tenait à coeur, les mots gelés qui pédalaient dessus. on voyait bien étalées, ces gouttes de lecture intensive, comme une sueur de chagrin qui lui serait venue. je tenais mon catalogue la Redoute et le billet des commis.
rendez-vous au Café des amis, moi et moi dans des mondes écartelés. je me regardais. je me traversais. je tentais de me ressaisir, m'avouer un terrible besoin de moi. j'écoutais le son léger de la cloche du départ.
le dedans m'aspirait. le dehors m'éclatait.
je savais que je me perdais, que c'était fini même. peut-être depuis longtemps je ne voulais le voir.
je me dis: " il est tard. faut que j'y aille, ma grande! on se rappelle?! ciao à plus.