poematique expiraTOIre
photo enlevée
Maigreur aux gros souliers… ah ! toujours ces godasses qui empêchent l’envol.
L’homme sans genoux. Moi je crois que c’est parce qu’il a peur d’y aller, parce que la porte est étroite et qu’il importe de la prendre non pas de travers mais droit dans sa pupille de reptile. Sans genoux , oui cela empêche la danse. Il colle au sol, il doit tirer son chalut et ce qu’il est lourd, plein, débordant. l’homme- lame, l’homme- épieu, l’homme- lance, l’homme traîne et traîne avec, tout son passé, son banc de frères et de parents déchus. Le passé qui ne lui fait guère d’avenir.
Il est si mince qu’on imagine qu’il suivrait bien un coup de vent, mais non. il n’a presque pas de présence. Sûr pourtant qu’il pèse un poids infini. Jusqu’où va-t-il, the dead man walking ? Il se force, il ouvre le compas comme pour en finir. Mais moi je l’imagine l’artiste, collé à sa douleur, combien il a dû tirer la langue pour la dresser cette révolte jugulée d’homme d’avance vaincu.
Et puis regarde, tu vois cet autre qui regarde, il a peut-être une chance de survivre. Il a les épaules pour porter la danse, il a la flexion pour accepter le vent, il a cette assise terrestre qui donne une chance au ciel de faire des miracles. C’est à ça que sert l’art, non ? à alléger ceux qui le contemplent… ?