poematique expiraTOIre
photo enlevée
Ces mains comme des osselets, saignants rouges, empreintes d’un crime déjà largement charcuté. L’assassin coupait-il les bras de ses victimes, en faisait-il des signaux et des sémaphores sur le flot continu des amours défaites ? Et puis dans des urnes blanches à fixer contre les murs, refaisait- il l’inventaire des suppliques amputées. Tiens ne serait-ce pas Maria ici ,on dirait son auriculaire de salamandre et là le poignet d’Anna ?…
Mains tendues aux doigts écarquillés. Prennent-ils la mesure de la détresse à l’empan d’un cri muet ?
Ombres chinoises dans la boucherie des jours. L’équarisseur des fraternités déçues a pelé ces muscles. -On appelait ça des écorchés, quand les peintres étaient autorisés à disséquer leurs modèles. - Je songe à fuir me rappelant ces instants nus où c’était bien plus que la peau qui avait froid mais l’âme dessous et la nuit qui ressemblait sans fin à une plaque de cuisson trop longtemps allumée, prête à me foutre le feu.
Quand je me retournerai, j’aurai les yeux clos. J’aime pas souffrir.