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poematique expiraTOIre

dentelles

renoncer. les pas dans la neige devant moi ne sont pas des traces que je peux prendre. ce léger décalage qui me rend plus vacillante et m'oblige à des écartements de jambes instables. je tire le muscle intérieur, j'étire le tendon , ce qu'il faut pour y parvenir mais c'est trop grande démarche, une allure qui me laisse derrière, loin derrière.

 

renoncer. mettre ma pensée dans cette musique. cette musique de mots et espérer la comprendre par les pores. l'intelligence est effrayée depuis longtemps. elle est en arrêt comme un toutou affamé d'une affection ridicule. j'entends car je lis à haute voix. j'entends une partition qui largo, qui me vivace, qui m'andante parfois avec des mouvements extrêmement élevés. oui, je lève mon regard et je vais faire mon tour de voûte, mes apesanteurs de cathédrale. dieu parle quelque chose comme ça, me dis-je  désespérée que ce fut aussi peu humain, aussi peu pour moi.

 

renoncer. le silence qui suit érige des bâtisses, des villes entières d'un monde impossible. je suis dans l'errance, dans l'errance totale, celle qui fascine, qui appartient au rêve, celle qui nourrit aussi ma folie toujours plus grasse et mûre. le silence est une ville,  une mégapole vide et creuse, faite à partir du livre d'images. elle se dresse dans l'énormité des souvenirs, enchevêtrée de toutes ces beautés vues  et de ces angoisses senties. la ville, qui est la métaphore grouillante et vive de ma position perdue, solitaire, débranchée dans la vie.

 

renoncer à lui. trop riche, trop développé. je suis la Dentellière. je l'ai toujours su, la Dentellière de Goretta. dès le jour de ce film, où se dépliait pour moi la carte du futur.

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