poematique expiraTOIre
viens de reprendre encore ces lectures à voix haute. imprégnation de syllabes et de textures, la mousse des paroles me recouvre et m'étreint comme une nappe blanche et de bulles prêtes à éclore.
je suis comme la mouche aux mille facettes, imbibée de lumières mais n'ayant aucune idée ronde du monde. j'apprends par le spongieux, par ces contaminations lentes. je découvre simplement un mode neuf de fouiller dans mes veines et dans mes profondeurs. j'emprunte ce mode d'investigation, ce mode de perception, avec ces pratiques en coins et recoins, ces ruches et ces nids.
je mets en pratique ces protocoles quasi médicaux, ces processus. j'adapte. et alors comme par une magie de squelette, de vertèbres, ma voix suit des modulations nouvelles. et mon champ de connaissances s'élargit d'une manière évidente. je crois que disant fort et haut la pensée d'un autre, j'intègre non pas sa pensée heureusement trop savante pour moi mais ses formes et ses articulations. et appliquant ces étranges méthodes et cadrages, je trouve tout simplement que la mienne en devient plus nuancée et riche que je songeais.