poematique expiraTOIre
Ce vide-là
Alors le remplir. D’eau, de sable, de béton. Le remplir de feuilles mortes, de bricoles, de ficelles de riens et de tout. Le remplir de gestes, du tout-venant de la vie. De ces feuilles écrites, de ces manies de cordées sur les ravins de l’altitude. De mes mots.
Passer mon temps à le combler, à me mettre à niveau. Jusqu’à ce que la bulle se fige tranquille et cale à l’aplomb des pieds. Enfin j’aurais rempli mon existence.
Je ne serai jamais un ange.
Et puis ce vide autre. Qui va vers l’horizon éliminant les obstacles effaçant les barrières les murs. Qui caresse le sol et allonge les distances. Qui ne saurait trouver de butoir, de stop. D’impasse. Celui qui initie le voyage, élargit le regard, trace la découverte et profile l’infini. Qui défait les collections organisées de mes actes, éparpille mes acquisitions mes profits petits ou grands. Qui blanchit les toiles et annonce toute création comme possible. Ce vide permettant le plein à venir, l’arc tendu du regard.