poematique expiraTOIre
c'est peut-être moins grave que je ne le pense. j'arriverai sûrement au bout de cette nuit par la même porte que tous les autres, l'embuscade matinale où se perdent en gros bancs de poissons les gens comme moi. on se fait charrier lentement toute la nuit au filet on nous ratisse, on nous peigne l'inconscient et puis comme ça au matin à l'aube on est des millions à attendre de passer la bonde et à filer sous les écluses. pas si grave que je sois du tas pullulant des écailles, comment être autre chose, arêtes et pellicules collantes adhésives à frotter mes branchies malades dans les carbones de mes voisins. l'étang est ouvert, il a vue sur le ciel il suit des balances lunaires je me crois seule dans tout ce noir, tandis qu'à deux bulles de là un semblable agite ses nageoires et pense ainsi faire avancer la mer