poematique expiraTOIre
chère écriture,
permets que je doute que tu sois...permets que je me méfie de ton nom, nom de couverture, écriture.
tu voudrais peut-être me montrer visage, me profiler tes contours, faire corps avec. mais, j'ai tenté saisir, tenté prendre, embrasser. toujours vents et fumées, personne. fuite permanente. fuite, écoulement sans cesse. hologrammes à la chaîne. pertes noires.
j'ai ouvert la pierre dans laquelle tu t'étais incrustée. des miettes et de la poussière. brûler les papyrus, aucun cri sous le feu. déchirer tes feuilles, tes vêtements de cuir. il n'y a jamais eu que du rien dans lequel je t'ai cherchée, t'ai appelée, t'ai sommée même d'être et de te montrer... rien.
je m'en suis retournée alors. j'ai mis les poings en poche. je hais me battre contre le vent, l'ennemi qui se soustrait, agile et traitre à mes coups.
puis j'ai pensé que tu étais le masque, que tu étais l'apparence, le voile, le costume. que tu servais d'armure ou de bouclier et que c'était derrière, là derrière, que tu étais. alors j'ai repris le combat . j'ai passé mon temps à soulever tes jupes, à couper tes ficelles, à te dénuder, te peler à vif... dedans, dans tous ces mots, j'allais bien voir enfin...quelqu'un, toi écriture!
mais là aussi . rien, non plus, nulle part. tous ces gens qui te cachaient étaient encore de belles illusions
j'ai même abusé de toi pour cette violence de te posséder. mais non, mais non. ..
quand on se bat ainsi pour te trouver, sans jamais y parvenir vraiment, que l'on touche le friable, le fugace à chaque fois que l'on te touche, alors il ne reste plus grand chose si ce n'est la question... la question qui est en soi. en moi donc.
interminable labyrinthe qui me donne des espoirs de résoudre le chemin, qui m'encoigne dans ses angles morts, qui me jette à la gueule des errances.
es-tu cela ...? es-tu cela écriture? ..... réponds réponds je t'en prie...
c'était mon thème Vasesco, inabouti et mis en ligne ce matin juste pour moi, pour outrepasser le droit , la convenance, le convenu et parce qu'écrire c'est se chercher