poematique expiraTOIre
ne plus dormir.
mettre la cuite en suspens. le réveil a déjà tendu son fil et s'achève la lessive Freud.. avec cette énergie coupable et cet arrière-goût poisseux de devoir se jucher face au travail, à la tâche quotidienne de vivre.
j'ai tourné cinquante fois ma langue dans le silence, -tu es mort, je m'en souviens- c'est bien, devrais-je oser dire mais c'est encore moi qui me tape tout le boulot d'exister. et je fatigue de raccourcir la nuit pour venir à bout de la tienne.
ne plus dormir. les aguets sont bien dressés, ergots et plume. je fais des heures sup. on ne sait jamais, s'il passait un train, un air de musique ou un tapis volant. je suis comme ça, à anticiper la lumière, veilleuse ou lampion, même le bout flambé d'un cigare. j'attends le convoi fantastique qui doit me faire monter...
ne plus dormir. activer les résidus de cheminée, -brassées d'inutiles-, cette ancienne flamme qui s'est fait la malle et qui ne lèche plus rien. là au fond de la nasse, des bois et des étincelles. je suis à veiller pour la fraction lumineuse qui pourrait surgir dans le noir.
ne plus dormir. gagner du temps, de la vie. faire des économies de respiration, pour plus tard. cumul de bouts de chandelles qui me donneront un jour entier de soleil, là-bas, au loin du décompte.
pendant que les autres dépensent le quota des rêves et du songe sans égard, j'arrange le drap propre de ma mort, le repasse, l'amidonne...
absurdes tâches insomniaques.