poematique expiraTOIre
asseoir le matin sur les chaises spaghetti, croiser ses jambes, de droite, de gauche. redresser son dos, estimer du bout de ses doigts la tenue du chignon de l'aurore. essayer le calme avec des soupirs mauves ou des foulards à pois. attendre. la chaise moule les fesses en belles lignes régulières, lamelles érogènes dans la trancheuse design plastic.
puis, respirer ces résidus d'antiseptiques, aspergés par- ci par- là, dans les allées en lino crème. les premiers traîne-socquettes passent, leurs arbres de Noël dans la main. on ne sait pas trop si c'est l'arbre à glucose qui tire l'humain ou le contraire. ils sont tous dans leur laideur existentielle, le gris leur va comme une chemise et le jaune d'une cire manucure. ils lisent avec une attention prenante les derniers articles des carreaux du corridor. quelque chose est transcrit là, sûrement, qui leur parle de solitude, d'une pénitence longue et triste et d'un prix trop élevé pour un peu de vie. l'air ici est à la surenchère, au prix fort, c'est l'inflation vitale à laquelle ils n'osent pas survivre...
assise sur la chaise spaghetti, regarder par la fenêtre. accrocher maintenant et vite et loin, mon âme dans un nid d'oiseau
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