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poematique expiraTOIre

mur

dans le centre, à l'extrême intérieur, sous le pli de la France et le repli allemand,  avec cet éperon de botte italienne qui me coince à l'aine  c'est là dans ce point minuscule, l'appendice, que je me tiens. un endroit sans vue sur la mer, la chambre borgne d'un continent  moult étoiles...

j'ai mal aux murs.

dans le réduit, dans le clos dont on ne peut sortir. à l'évitement des flux, des brassages. tout partout coule et s'agite, mixage formidable.  mais il n'y a pas un courant de cheveux, ici, dans l'abri national.

j'ai mal aux murs.

aux murs dressés , à la chambre, au placard. à ces barrières faites solides qui laissent juste passer le respirable, rien de plus. dressés par les miens, dressés par les autres, contre lesquels je ne peux rien. j'use mes ongles, mes mains, mes bras pour râper la prison.

j'ai mal aux murs.

et puis ce pas de vis que j'entends lentement, inévitable, grincer, à mon oreille et me tordre le cou. mes murs dans l'engrenage  se resserrant encore. manoeuvre de la proximité. mon voisin qui repousse les siens pour ouvrir sa place et me coince.

j'ai mal aux murs.

dans ma tête, dans cette chambre très haute, là haut, dans le sommet du crâne, cette remise sans lumière ce lieu vide que ne traversent que des échos, des bruits étouffés, un ou deux cris peut-être parfois. aux parois mansardées, comme recueillies sous la poutre faîtière, oui, dans l'étriqué restreint de mon cerveau, une toile, unique perdue sur son chevalet, une toile où se décompose ma figure.

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J

Déjà les barreaux de ces échelles couchées sur l'horizon ressemblaient à ceux d'une
prison,


et voici tes murs de ce matin...


Hop là, une lime & une échelle de corde
!
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