poematique expiraTOIre
ce qu'on imagine après la porte fermée.
les escaliers, la clôture du jardin, la route, les pas sous le regard, le regard sous les pieds. on n'imagine pas s'il fait lourd ou léger, si c'est en tout état de cause ou malgré. derrière la porte on est sans la moindre avance et rien à proposer. on peut rester trois heures ou quatre ou le jour entier là-derrière tandis que l'autre part ou que le monde décide de défiler. le matin ressemble à son frère, à sa mine mal aiguisée, aux petits traits qu'on fait tout autour, cercles magiques, formules idoines. on a monté sa barricade. on se dit qu'on ne va pas y aller, non, c'est exclu, nous n'irons pas là-bas, avec , contre, pour ... on s'en fout! on n'ira pas, c'est clair! on fait semblant d'avoir pris cette décision. nous ne voulions pas point final.
après on s'arrange assez facilement avec son silence et son mensonge. on n'a rien choisi. c'est comme ça. la vie ne propose pas forcément le choix. bon on peut aussi maintenant prendre un billet pour un voyage, se passer au scanner, à la douane fantasmagorique, présenter pattes blanches et prendre son pied à se combler de faux semblant. il part en voyage. je reste bien entendu je garde la maison, le chat et tous les petits cafards en hélices de flocons. divorce temporaire. on fait sa gueule pas content, méchamment mordu. malade d'enfin être seul.