poematique expiraTOIre
foulée foulée foulée...j'avance.
je fixe la ligne blanche je survole l'état de la course. j'avance avec dans mon dos tous les numéros tous les concurrents, dossards disparus à l'horizon de mes baskets. je file je trace je nervure la route de mon sillon rapide. je cours.
mais... mais je devrais y avoir droit, à ce jus indispensable, la prise illico à coeur de veine de mes vitaminoses dopantes de mes indispensables gélules catapultes de force de courage et de mon succès. j'ai rendez-vous avec un instant sublime, un moment de bras ouverts de lauriers. j'ai mon rendez-vous de battre au coeur cochère, de gagner , de victoire contre les escargots et les limaces, les rampants. je dois bientôt y être à mon ravitaillement...
je le sens. mon pas fléchit un peu faudrait pas que ça tarde c'est nécessaire indispensable même..je cours encore , je mène encore la danse le bal mais comme la route devient pesante. où l'ont-ils mis ce putain de stand à boissons. ..ou? je cours je cours petit depuis peu je n'y arrive plus, le pas est tellement lourd mon corps une tonne à pousser sur le goudron..encore encore je ne vais pas m'arrêter là tout de même . l'entrée du stade est là-bas..pas si loin mais comme cet effort me demande de ressources. en ai-je encore...
bon qu'importe je danse mes chevilles lâchent sous chaque pas comme une ivresse triste et vide. mon corps a tout jeté dans le défilé mesuré des pas, les foulées marathoniennes. je titube ..l'arrivée n'est pas si loin mais plus j'avance plus elle semble reculer..vais-je chuter vais-je tenir ..soleil tapant..je tire mon gros navire sur le sable rouge du stade... je marche à peine, cassée..je marc.. tenir le trapèze d'os encore un peu debout... où est le podium? je vole maintenant