poematique expiraTOIre
la folie, c'est ce petit grain ou ce point lourd sur le côté, ou ce caillou comme un trou qui vous vide le ventre? est-ce cela? ces dents sans fin qui grignotent le goût des gens et des choses? je me lève avec déjà les yeux pleins de mer, la digue intérieure débordante, ma gorge comme une entaille qui monte au cerveau. j'étends le tissu de moi sur le matin et m'y remettre dans ce décousu, ce morceau déchiré, ce haillon d'être est une si humiliante épreuve. j'enfile ma robe délavée sans couleurs ni anges. et mon corps que rien n'arrive plus à me cacher fait sur le miroir une verrue épaisse.
la réalité est une friction d'étrilles et je n'arriverai jamais à brosser assez profond pour poncer mes salissures. elle me rattrape. mon pari contre le silence est perdu. je voulais trafiquer mes papiers d'exil, réinventer mon passeport pour la Belle Vie. mettre le silence au cachot me libérer en soudoyant tous ces anges gardiens. Mais pas de libération même sous caution, sentence et peine toutes entières confondues. folie noire.