poematique expiraTOIre
Respirer c’est une chose…mais respirer enfin ! c’est pas pareil. Respirer en suivant scrupuleusement la courbe de sa température, aussi marquée à l’aiguille que le tatouage des diagrammes. Je tremble sous le détecteur de mensonges. Chaque levée de poumons, faudrait cracher la vérité, ce coin sensible entre la plèvre et la pointe du sein. Respirer, emplir ses poches, son sac, tous ses petits tupperware en peau de sapin. C’est pas grand-chose en effet et en fin, cela frise l’urgence, le strict nécessaire, le vital minimum. Cela me fait mal encore aux alvéoles ce craquement de papier à bulles. Mentir en soutif' ne rend pas le spectacle moins haletant. Je m’essaie à une autre amplitude, le puits- le ciel -le puits- le ciel, un mouvement de ressort, un mouvement de bielle, une roue de fortune. je m’allonge, je baisse les bras, l’essoufflement sous l’aisselle. Je me serre contre moi-même, je descends le flux, je le lisse doucement. je me calme. je me calme.... je suis calmée.