poematique expiraTOIre
photo enlevée
bascule. la balance est truquée. les gens se baladent parmi les monstres. les terrifiants prédateurs qui font hurler les âmes délicates et se fossiliser de trouille l'humanité. les araignées vénéneuses, les bouffeuses liquéfiant leurs victimes, les toiles collantes adhésives dans lesquelles tous nos cauchemars sont emprisonnés. populace en promenade et affrontant ces laideurs, ces épouvantes poilues. j'entends des cris étouffés, des exclamations pituitaires. face à face avec l'horreur.
les araignées, elles aussi , face à leurs ennemis inlassables, rétrécis, rendus à cette proportion effrayante de petitesse. vont-ils courir bientôt sur leur dos et chevaucher leurs nuits jusqu'à la peur paralysie qui les retira transie d'horreur dans les plis de leurs toiles?
bascule, la balance est truquée. peur des hommes, grossissant le danger. et peur des aragnes devant l'ingérable humain. inversion des sources de l'angoisse
j'entre dans la photo. m'y voilà, me glissant entre les pattes, frôlant les abdomens obscènes, le regard métallique de mes bêtes noires. je tente l'apprivoisement impossible. elles ne diront rien, ne me feront rien. aussi impassibles ici que dans les recoins de ma buanderie où elles cultivent leur silence à mon endroit. alors pourquoi est-ce que je me sens si étrangement sur mes gardes? quelle pénible sensation dans mon dos? quel tremblement imperceptible en moi qui ronge et empoisonne mon corps. quelle sensation de fondre de l'intérieur? mais oui. là tout autour, grouillants, vifs, agités, agressifs, dangereux, agiles et envahisseurs guerriers, toujours prêts à faire monter l'angoisse, des bipèdes grimaçants, une colonie d'humains, aux crochets mortels...