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poematique expiraTOIre

journal 82

bruit métallique de vent dans les dernières feuilles sèches du bouleau. on dirait un doigt dans un bol de petits clous.  un bruit qui revient par instants réguliers, ponctué de punaises d'oiseaux.  la fenêtre ouverte, je tente de mieux cerner ces incidences particulières, ce début euphorique de printemps. peut-être. 

je ferme les yeux. et soudain je me crois à la mer. un bord de sable rien que pour moi. mon continent trempe  les pieds. plage ouverte.  je me transporte. facile,  le voyage....

mais la crique ne s'évade pas, elle. elle ne prend pas son pied en m'imaginant, en bikini mauve, mes deux petits kilos de bouée autour du ventre, prête avec mes flotteurs à fourrager  ses vagues à la recherche d'une astérie à cinq branches. elle ne vient pas à moi. non, elle ne fait pas de rêve intérieur où elle se  glisserait avec étonnement sur des sentes tracées par des skis, où elle sauterait de cratères en nids de poule, joyeuse et folle de liberté. elle n'imagine pas un bouleau lui susurrer des comptines d'établi et des hymnes travailleurs. je ne connais pas d'océan qui aspire à la morosité des campagnes.

je ferme les yeux. j'écoute le bruit, le vent, l'arbre, le terrain qui craque  juste,  faiblement sous le soleil neuf. c'est ici. c'est le rêve sans espace, le minuscule territoire d'un trans express de paupières.

pourtant ailleurs, le vent et les éléments se déchaînent et on ne  sort que par la porte des mots.

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