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poematique expiraTOIre

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journal 144

 

 

me lever avec le cou bleu d'un jour peut-être beau et chaud.  entrer ainsi la tête haute dans l'uni vert et dans le détachement d'un peu d'air qu'est le ciel, les pieds enfoncés dans le quotidien.

je me sens tige , verticale, dressée. c'est assez rare pour en profiter. ce jour je pourrais tuteurer des chats et des moineaux: me tiens droite.

réception de la lumière, du vif. dans la gratitude échevelée d'une absence de douleur, remisée sans doute dans le placard du temps, parmi mes vieux outils du jardin intense.

je fixe mon regard sur le bonheur morcelé, disséqué," infiminisé" devrais-je oser, de mes amis. ils bêchent avec une obstination sage dans l'instant, truffiers du plaisir. les sources jaillissent, les eaux lavent et reposent, le fleuve desserre son âme. ils sont comme accrochés à l'eau, à la brillance de cette soif et de la désaltérance que cela leur procure.

(pourquoi me sentir dans une sorte de boue? dans l'aparté des rivières? je ne sais pas. quelque chose a dû me salir à jamais )

mais je sais, je comprends leur application pointue, leur usage du tamis essentiel. je vois leur travail d'orpailleur. j'apprends lentement en pougnant sur leurs gestes, leur dire et le poème, j'apprends à redresser mes vertèbres, à refiler la ficelle de mes jours.

j'ai décidé de voler moi aussi, rapines et déploiements les deux.  il n'y a que la comédie pour pénétrer en vérité l'âme de la vie.

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