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poematique expiraTOIre

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poème

je reprise le miracle

magie de deux sous qui faisait des colombes

le reprise au fil, au chas et de ma coudée d'impatience

je boucle ma bouche dans ta boucle

je serre fort

que ne lâche aucune de nos mailles

 

me tire des aiguilles dans la tempe

 

tous les présages glissent comme le froid servi sous les fenêtres

j'embrasse les grimoires, pincée de lèvres dans tes formules

ce que tu dis est un condensé d'obscurs

de choses noires cuites longtemps

jusqu'à l'épais de l'alambic

c'est ainsi que je m'enivre

en Suisse

à la table solitaire

où ne trinquent que des coucous et les carillons de la cloche d'argent

 je suis née pour tourner des tables, des pages, la tête aussi

aquavit des noces de l'ennui

 

rien, le poète


mon ventre n'est pas un nid où couver des oiseaux.

 

maintenant ce temps où plus rien n'aère l'avenir

et le silence gagne

qui réduit à jamais la parole à néant

et m'achève ridicule précieuse.

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R
J'ai du mal à ordonner les choses,<br /> ordonner dans le sens "ordre donné", <br /> plutôt que dans celui de ordre-désordre… :<br /> J'ai dû prendre la formule à l'envers.<br /> <br /> Je navigue sans doute à contre-sens,<br /> et justement les choses sont comme<br /> on n'a pas l'habitude de, ( l'inversion du mode d'emploi)<br /> et du mélange du tout …<br /> <br /> ( Qui de l'ordre du fantasme, <br /> des mailles écorchées de la réalité,<br /> des formules à l'alchimie incertaine,<br /> où le fil qui les tient ensemble se dissout… )<br /> <br /> J'énonce des choses, où, <br /> comme les légumes, se juxtaposent, ceux qui <br /> crus , crissent sont la dent,<br /> ceux qui , trop cuits , dont la matière s'échappe .<br /> <br /> Et avec le tout, une architecture fantasque.<br /> On se demande comment ça tient debout,<br /> quelle est la part du rêve, <br /> et où se glissent les carillons des fêtes,<br /> <br /> La sonate des pages qui s'envolent,<br /> le pavillon de l'impatience,<br /> l'essence volatile des sentiments,<br /> et l'encre qui se dépose,<br /> <br /> où je vais puiser...<br /> encore sous le coup du choc d'un regard,<br /> des noces de plume,<br /> et de l'obscur affrontement des mots.<br /> -<br /> <br /> RC- dec 2015
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