poematique expiraTOIre
je reprise le miracle
magie de deux sous qui faisait des colombes
le reprise au fil, au chas et de ma coudée d'impatience
je boucle ma bouche dans ta boucle
je serre fort
que ne lâche aucune de nos mailles
me tire des aiguilles dans la tempe
tous les présages glissent comme le froid servi sous les fenêtres
j'embrasse les grimoires, pincée de lèvres dans tes formules
ce que tu dis est un condensé d'obscurs
de choses noires cuites longtemps
jusqu'à l'épais de l'alambic
c'est ainsi que je m'enivre
en Suisse
à la table solitaire
où ne trinquent que des coucous et les carillons de la cloche d'argent
je suis née pour tourner des tables, des pages, la tête aussi
aquavit des noces de l'ennui
rien, le poète
mon ventre n'est pas un nid où couver des oiseaux.
maintenant ce temps où plus rien n'aère l'avenir
et le silence gagne
qui réduit à jamais la parole à néant
et m'achève ridicule précieuse.