poematique expiraTOIre
ouvrir le lit comme on ouvre la plage, dune après dune, échine contre échine dans le plumier d'eider.
ouvrir le lit et me déposer sur les éponges. bronzer dans un pore à pore avec l'encre. dans cette fente granuleuse où je disparais à la course, après toi qui n'existes que dans l'interface de l'amour et de la vacance.
ouvrir le lit d'un grand geste, très marin, très large flibuste. toge dramatique sur l'avant-bras, prête pour les trahisons et les migrations. il s'agit bien de partir, d'imiter encore une fois le grand départ et de jouer sa partition avant la mort. je suis cousue des images du script de l'histoire. ma vie se tournera un jour, sur le côté du lit pour m'offrir le dernier acte d'amour.
ouvrir la scène des nuits comme je chasse la marée avec un balai dans le coin de la tête, plis, replis et ventouses de la Lune.