poematique expiraTOIre
de toute cette grisaille printanière ne peut naître qu'une série noire, poèmes dépressionnaires. écho d'un ciel de cloche.
je suis une marcheuse sans la moindre sagesse, pèlerin de mon histoire. c'est le métier d'écrire qui veut ça, faire son parcours de pénitent, comme un voyage sur place, pour exprimer le chemin du coeur dégueulasse. l'écriture fait pénitence de ma vie.
( je lis "la cloche de verre" Plath. je pédale avec ce gros bouquin entre les doigts. Plath oeuvres Gallimard. manivelle à ruban pour tourner les pages. elle parle de ces phrases qui commencent par des minuscules, comme pour en annuler la singularité et faire continu monotone des événements)
des lignes que je dresse comme ça, pour mettre des bornes peut-être à cette dissémination de big-bang au ralenti et qui est en action en moi.
les gens autour, bien intentionnés sans doute, qui ne perçoivent pas le verre derrière lequel est enfermée ma vie contradictoire. c'est ça, couler ,sentir que l'on se fracasse sans cesse comme un petit bateau mouche dans une boule de verre, chaque fois qu'on la secoue.
c'est sûr qu'il est très con le bateau et qu'il devrait consulter.
lucide ironie. me sens soumise à cette juste résonance, cette réplique faudrait-il dire, quand on me secoue, pour mieux voir tomber la neige.
parfois je passe des jours longs comme des vies entières sur une table, sans la moindre agitation de particules, morte-objet sur la commode.
l'existence sous cloche, et comme Plath, cette sorte de percée impossible, la seule imaginable, vraie et qui aurait du sens et du pouvoir, l'obsession d'écrire. diamant de tunnelier ou fusion d'une chaleur si vive qu'elle perforerait la membrane de l'exil.
qui pourrait aimer ce genre d'être, que lui-même trouve inhumain...?