poematique expiraTOIre
temps présent, - celui-là-, pas de côté, de droite ou de gauche, -celui-là- qui est pour ne rien vivre en disant tout, pour rester dans un seul souffle.
déjà cette blessure dans leur instant est close, recousue, invérifiable. l'amour aussi, d'un seul point qu'on peut dire final au besoin.
pas de passé. il n'y a aucun voyage et chacun ainsi sur le radeau d'un océan sans repère. il n'y a pas de geste nécessaire. coudre un instant à un autre serait faire une histoire. mettre bout à bout ses mots serait faire une tempête.
je tente de concentrer mon souffle au seul rythme du soufflet: je ne vis pas un triste amour, - il n'y a rien eu entre lui et moi, jamais. - j'éclate dans le précaire mes bulles expiratoires. je ne souffre pas, ne tente pas, ne cherche pas à rédiger des éphémères, une collection de perles illusoires. je mime la vie, tout est sans trace.
dans mon cahier des scènes sans accessoires, je reproduis à vide les heures. je découpe dans le ciel les contours imaginaires de la transparence. hier il n'y avait personne, demain non plus n'est-ce pas?
on se lave les mains de nos atteintes- moi aussi je le dois semble-t-il.
mes mimes d'extase, de tendresse filent le grand inutile et tissent l'inventaire de l'amour insensé.