poematique expiraTOIre
c'est un croissant de Soleil au fond d'un puits.
la citerne abrite l'astre découpé au pochoir. on y est, comme oublié de la lumière, descendu. on regarde la-haut et on a comme une idée de la terre, du sol, avec pour simple image cette lumière biaisée qui effile les parois.
on devrait s'intéresser à moi- ô ironie- je suis l'archétype de l'écrivain instable. avec assez de cette imprégnation d'un autre siècle, assez d'adhérences surréelles, ce savoir à l'ancienne- presque artisan- de la langue, les outils. les mots... pour désigner ces racines d'une autre époque et assez aussi de l'isolement mononucléaire faramineux de l'écriture actuelle. entre deux chaises. chacun -parmi les blogueurs twitteurs -plus ou moins assis dans sa citerne à imaginer être une boule de l'Atomium immense, touchant naïvement le monde du regard pareil au prisonnier jeté dans la fosse.
on devrait s'intéresser à moi car je cumule mes écrits mes cris tout courts sur la solitude, sur le lien qui est celui qui noue les humains, qui fait sens à l'écrit. je cumule mes poèmes sur l'absence, le vide, sur l'état d'enciterné. j'ai mon site, quelques lecteurs par- ci par-là qui arrivent et en général s'en vont au mieux après trois tours de trou. je suis l'exacte, la métaphore vive de l'écrivain en parfaite représentation de son temps.
on devrait s'intéresser à moi, je suis la porte-parole de la multitude qui a fait sa niche dans internet et qui n'a que sa propre folie, son vieux désir de sens pour compagnon de route. je suis le prototype du scribouillard qui profile déjà l'humanité de demain. demain on ne dira plus la solitude. elle aura pénétré toutes les encres jusqu'à l'épiderme. on parlera de la citerne, des pierres et du flux moelleux des croissants du Soleil.