poematique expiraTOIre
si triste cette peur. peur de ce qui bouleverse, change, remue. cette peur qui rompt, qui garde silence, qui étouffe sans regret l'éveil, le lever des lunes neuves, le frisson de vivre. triste cette crainte de la mise en jeu, de l'expérience vivifiante, de l'inédit, de l'inattendu, dont on devine l'énergie et que l'on met de côté en se disant que rien ne presse, que rien ne vaut sa ligne déjà si bien rythmée. c'est elle- la peur- qui commande, qui décide, qui impose, qui ferme nos pores sous le vent, resserre les mailles de nos textures et nous rend imperméables au flux. surtout ne pas être dérangé et maintenir un cap. -est-il seulement le bon cap, qui peut en être assuré...? -alors qu'il n'y a que l'état poreux de l'homme qui lui donne une chance d'adhérer au fleuve. je me sens comme un pissenlit mort dont les parachutes n'ont trouvé qu'un sol gelé antarctique. cela ne m'empêchera pas de m'éclater un instant sur le plastron d'un empereur manchot, jaune métaphore du champ de lumières que je soufflais dans le ciel.