poematique expiraTOIre
J’étais l’inattendu, une faille comme surgissent les herbes dans les pierres, un instant vert au sein des laques et des glaçures. J’avais cette vertu d’exploser lentement, de devenir, de pousser sous la main, à l’aimant de la lune, nuit de nuits et jour de jours, une soif de lumières, une envie d’anges bien crochées sous la langue. La pêche insolite. J’étais cela, le temps imparti, le temps suspendu. J’ai battu beaucoup des ailes pour maintenir mon saut en l’air, pour alléger ce poids qui allait sans le moindre doute me faire chuter, ce poids de folie, d’inconvenance, ce pesant qui tient tout au boulet. Agiter les bras ne fait reculer ni les trains ni les bateaux. Mon agitation n’a guère servie qu’à la fatigue, j’aurais peut-être dû ficeler mes bras le long du corps, me fendre en flèche et trajectoire. Moins verticale mais plus loin, parabole pour parabole.