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poematique expiraTOIre

Gare

 

 

gare vide. même les rails sont comme  d'éphémères traits sur le terrain. avec ce vieux goudron rouge qui a pris des trempes de temps dans les coins et sur la gueule. le kiosque fermé, la dame derrière loin loin qui tricote un bazar d'hiver, ou crochète des coeurs qu'elle figera dans du sucre le soir chez elle. ce banc sur lequel je dois me poser et attendre. derrière moi la colline monte tout en pavés, monticule ennuyeux, la ville en couronne là-haut.elle se la pète comme en province on sort ces tenues de princesse pour se donner de l'air.  j'attends de rentrer.  suivre le cours tout ligné de l'attente. il y a en moi des greniers d'ennui, de la fine fleur de poème, super bien tamisée, prête à me talquer l'âme. j'aime pas les trains et puis je les aime. c'est comme prendre son suicide tous les matins entre le premier café et la première sèche.  cette proposition sans fin remise sous le nez: tu sautes ou pas? et cette trouille maigre sans os ni squelette de faire de la peine et de n'être même pas comprise pour cela. le train ne mène nulle part. il ronge le jour pour atteindre la nuit, c'est tout. il faut rentrer dans un carton de luxe, son lit à plat dans la vie des autres, où même mendier ne servira à rien. on vous donnera tout sauf une seule question, une seule inquiétude. pour n'avoir jamais rien à partager que du pain et du caviar de cervelle.

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